Le début de la fonction sociale

Confrérie de Saint-Sébastien

La Germandat de Sant Sebastià (La Confrérie de Saint Sébastien) est née il y a deux siècles en tant que mutuelle pour aider les personnes malades ou infirmes à réaliser les travaux agricoles.

Nous pourrions dire qu’il s’agissait d’une sorte de sécurité sociale, service inexistant à l’époque. Mais la création de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (sécurité sociale andorrane) et la modernisation du pays a fait disparaître son activité et donc son objectif. Cependant, elle souhaitait revendiquer les racines festives de la Consorcia ou Germandat de Carnestoltes (Confrérie du Carnaval), dont provient l’actuelle, documentée depuis 1720.

Confrérie laurienne

La Germandat laurediana (La Confrérie laurédianne) est la plus ancienne qui reste de la Principauté. Les documents permettent de trouver un ancêtre au système de paiement des arrêts puisqu’en 1928, il est consigné que l’allocation était versée « à partir du troisième jour du certificat médical d’arrêt maladie ». Elle a également été pionnière en faisant place aux femmes qui pourront y entrer en 1963, soit sept ans avant d’obtenir le droit de vote dans le pays. Elle participe également à des projets innovants comme la Mútua Elèctrica (la Mutuelle de l’Électricité) pour éclairer la ville ou encore concéder des crédits aux adhérents jusqu’en 1908. Le caractère mutualiste perd de son importance avec l’arrivée de la sécurité sociale et parce que continuer de payer les adhérents avec des fonds réduits devenait de moins en moins viable. Même devant son inactivité, l’association ne se dissoudra pas.

De cette manière, en 1988, la confrérie a décidé d’organiser la première escudella populaire de la ville. Depuis, tous les 20 janvier, la Plaça de la Germandat se comble des bonnes odeurs de l’escudella et des habitants qui viennent la partager.

L’escudella est un plat gras typique de l’hiver considéré par tous comme l’un des patrimoines alimentaires les plus importants des Pyrénées. Pour faire une bonne escudella, il faut préparer un bon bouillon. On utilise de nombreux ingrédients : trumfes (pommes de terre), légumes, légumineuses, vermicelles, riz et la viande de porc devant également répondre à l’appel. Tous des produits de la terre. D’ailleurs, lorsque les habitants vivaient de la terre es menjave del que hi havie a casa” (on mangeait ce qu’il y avait à la maison).